Aux
îles Scilly, avec le Bel
Espoir
A
Thalassa, un jour, on avait vu
Michel
Jaouen expliquer
l'association
A.J.D. et présenter le bateau : superbe
goélette à 3 mâts,
vieux
gréement remis à neuf par le chantier d' A.J.D., et embarquant des
passagers pour petites ou longues croisières.
En 2004, à
Brest, nous
étions arrivés par hasard sur le rassemblement des grands voiliers.
Dans une partie du port se visitait le "Rara Avis", autre bateau de
l'association A.J.D. : une montée à bord qui avait fait naître le
rêve...
L'idée
à dû alors cheminer dans nos têtes...
Partir
hors des vacances scolaires ( ! ) et faire une expérience "exotique"
pour nous, montagnards : dormir à bord d'un voilier remarquable,
participer aux manoeuvres et à la vie du bord, découvrir des îles dont
nous ignorions l'existence.
Et supporter la mer ? Envie de
nous tester dans cet environnement fort éloigné du nôtre...
Bref,
en avril, on s'inscrivait pour la croisière de septembre aux Scilly !
De
Brest à l'Aber
Wrac'h (en voiture !) :La
mer d'Iroise, approchée à Douarnenez et Brest (Recouvrance), puis
longée en son littoral - petit port du Conquet, phare de la pointe St
Matthieu et son cénotaphe, Portsal et ancre de l'Amoco Cadiz - échappe
ensuite à la vue : la route plonge dans les terres, se poursuit après
Lannilis en évitant Landeda...
Des panneaux signalent l'Aber
Wrac'h qui surgit tout à coup : anse de mer peuplée de nombreux petits
bateaux.
Petits, car, au milieu, il y en a un grand, aussi
imposant et
émouvant qu'on l'imaginait !
Jeudi 17/09/2009, à 16 h 30, on
atteint l'Aber Wrac'h, sous le soleil. Dans ses eaux, le Bel Espoir !
A
bord du canot à moteur, nous rejoignons sur le pont les autres
"croisiéristes" déjà arrivés et emménageons dans notre
cabine à
l'arrière du bateau : deux bannettes au confort... assez spartiate !
Ainsi
débute notre semaine
La
traversée Aber Wrac'h - Scilly (en bateau !)
Jeudi
soir 17/09 :
Le
dernier passager arrivé (on sera 20 "stagiaires" en plus des 7 membres
d'équipage), le capitaine annonce qu'en raison d'une mer trop forte, le
départ est remis à demain 10 h.
Au cours du dîner, dans le
rouf, sont
données les consignes de vie à bord : heures des repas, équipes de
service, utilisation des douches et toilettes, nécessité
d'économiser eau douce et électricité...
Puis
s'entendent des
histoires de mer, de marine (la "Royale" contre la "Marchande" !), de
pêche, de mal de
mer...
La vaisselle faite, certains se lancent dans un
Trivial Pursuit
en équipes, très animé ! Vers 23 h, chacun part éprouver la douceur de
sa bannette.
Vendredi
18/09 :
9
h
: le petit déjeuner se fait "à la carte" au fur et à mesure des
arrivées dans le rouf. Tandis que sur le pont règne une activité
intense. Les membres d'équipage, pieds nus pour la plupart, s'activent
autour des mâts, aidés par les bonnes volontés stagiaires.
Quelqu'un
crie "du monde aux gardes" ou "doucement au pic" : ordres
incompréhensibles pour le (la) néophyte ! Je m'en tiens donc à
mon caméscope, bénissant les âmes charitables qui m'expliquent quelques
termes
basiques !
Les
voiles sont hissées. De la poupe vers la proue : artimon, grand'voile,
misaine. Il faut de l'énergie aux drisses !
10 h
: Les amarres sont larguées, le moteur mis en marche, le canot hissé à
bord.
La navigation est calme dans l'aber ; les balises de
couleur et le
phare de l'Ile Vierge accompagnent le débouché en haute mer.
Trinquette,
foc et clin foc sont hissés à leur tour, et le moteur coupé. On navigue
à la voile, dans le seul bruit du vent et des vagues !
Emmitouflé
car l'air est frais, chacun regarde les côtes
s'éloigner. Bonheur !
11 h : bonheur de
courte durée car le mal de mer va commencer ses ravages !
Peu
à peu le pont se vide, beaucoup regagnant leur bannette. Le roulis est
sévère. Même des "voileux" ne sont pas épargnés !
Dresser la
table (avec les "antiglisse") puis apporter les
plats se révèle assez périlleux quand on est "de service" !
Mais
il y a peu de monde à table (moins de la moitié des passagers !).
Pierre et moi en sommes, pas peu fiers, même si, par moments,
notre estomac remonte au bord des lèvres !
La navigation
se poursuit
l'après-midi, toujours un peu chahutée. Certaines personnes, vraiment
malades, tentent de survivre aux vomissements, discrets ou
bruyants ! Chacun gère à sa façon, cherchant dans le rouf un compromis
entre froid du pont et balancement des cabines.
17 h - 19 h : la
traversée du "Rail", montant puis descendant, nous fait apercevoir
quelques gros porte-conteneurs, mais assez éloignés.
La
soupe rassemble un peu plus de monde et la soirée se termine. Ca roule
toujours assez fort. Vers 23 h 30, le moteur est
remis en marche pour pallier au manque de vent. Un "bercement"
supplémentaire pour s'endormir !
Samedi 19/09 :
8 h
: la côte apparaît, au grand soleil ! Les premières manoeuvres ont lieu
pour affaler les voiles. Peu à peu les ex-malades arrivent guillerets
sur le pont, amarinés !
Le petit-déjeuner se fait
tranquillement, sur un
bateau stabilisé, dans le joli port de Ste Mary aux nombreux voiliers.
Aux
îles Scilly :
A
10 h, il est 9 h locale. On recule donc les montres d'une heure.
Chaque
jour va nous faire découvrir une île nouvelle, au gré des déplacements
au moteur du Bel Espoir, et des navettes en canot entre
bateau
et terre.
- Samedi 19 : Ste Mary
(banque, douche,
supérette, petit jardin botanique, pubs)
- Dimanche
20 : Ste
Agnès (tour des deux îles, mégalithes, pêche à pied) ; on côtoie le
Rara Avis
- Lundi 21 : Tresco (tour Cromwell et
château, île,
jardin
botanique Abbey Gardens, pub)
- Mardi 22 :
au
choix,
îles Ste Hélène et St Martin, ou retour à Tresco pour le jardin
botanique.
Retour
Scilly-Aber Wrac'h :
mardi 22/09 18 h : à
la manoeuvre pour appareiller ! Démarrage au moteur pour sortir du
mouillage. Puis il faut hisser les voiles.
Cette
fois, tout le monde est sur le pont, désireux de participer ! Des
membres de
l'équipage distribuent les tâches, expliquant à chacun la manière de
procéder.
[Exemple pour moi : à la garde tribord de la voile
de misaine, border (ou choquer) pour maintenir le pic. Pour
Pierre, hisser la grand'voile en hâlant la drisse.]
La
manoeuvre est faite avec un bel ensemble. Bonheur !
Aux
trois voiles principales, s'ajoutent trinquette, foc et clin foc puis
un
foc volant ou foc-en-l'air.
Après des journées de grand
soleil, on laisse les Scilly sous nuages et crachin ! Dans
la nuit, le vent tombe.
mercredi
23/09 6 h
: Pierre et moi rejoignons l'équipage de quart. Il fait encore nuit
noire.
Anna
explique gentiment et en détail les appareils du bord et la manière
de faire le point. Pierre prend la
barre.
Le
vent est toujours nul ; encalminés, on dérive doucement. A 7
h
30, le moteur est remis en marche.
Dans la brume, la
visibilité est d'à peine un mile. Mais dans la
matinée, le soleil
reparaît.
Dernier repas, dernière vaisselle. On range les
cabines, fait
le ménage. Puis on savoure ces dernières heures de navigation avec
un grand plaisir ; photos de groupe !
Ultimes manoeuvres aux
abords de l'Aber Wrac'h pour affaler et ranger les voiles. A 17 h, on
est à terre.
Bilan
et impressions
Un
moment fort, dépaysement réussi !
Un peu déconcertés au
départ par la
rusticité des cabines et les conditions d'hygiène en général ; mais
passée une certaine appréhension, on s'y fait !
Les
îles sont superbes, leur végétation étonnante. Le mouillage, différent
chaque jour, permet de les visiter en détail.
Le
Bel Espoir a de l'allure : d'autres bateaux viennent naviguer alentour
pour l'admirer et le photographier ; on se sent fier d'être sur le pont
!
La nourriture, fort bonne, variée et abondante (bravo Michel
!)
est unanimement appréciée. Le must : manger crevettes, lieu et
maquereau juste pêchés, à pied, ou à la ligne depuis la
poupe !
Dans la diversité des personnes, le groupe est
super : les participants ne sont
pas venus par hasard ! Lors des balades, des pots au
pub, ou des "services" à bord, l'ambiance est chaleureuse. Certains en
sont à leur dixième croisière (!) et connaissent bien "l'asso" et
Michel
Jaouen.
Ce dernier, même s'il n'est pas à bord, est
"présent" à tous les
instants...
Conseils
pratiques :
Ci-dessous, quelques suggestions ou
conseils (qu'on aurait bien aimé avoir avant de partir ou d'arriver sur
les îles !)