Commémoration du bicentenaire de la mort du Général Dumas

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France Bleue Pays de Savoie, journal du 25/06/06

Le ministre de la culture chahuté par la ligue savoisienne
Renaud Donnedieu de Vabres était au col du Petit Saint Bernard hier pour commémorer le bicentenaire de la mort du Général Thomas Alexandre Dumas... Premier général noir de l'armée française qui a combattu les Piémontais après que la Savoie soit devenue française. L'hommage n'était pas du goût des Savoisiens, favorables à l'indépendance du département. Une cinquantaine d'entre eux l'ont donc fait savoir, à grand renfort de cloches et de huées pendant les discours et la Marseillaise.

Nathalie Col

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Le Monde | 25.06.06 |

Des indépendantistes savoyards indignés
Le général Thomas-Alexandre Dumas, père de l'écrivain, a-t-il "écrasé la Savoie sous le poids de l'armée des Alpes" ?

L'histoire remonte à 1794. Mais pour la Ligue savoisienne, mouvement indépendantiste créé en 1996, les faits méritent encore d'être défendus. L'occasion lui en est donnée avec trois jours de manifestations autour du bicentenaire de la mort du général, les 22, 23 et 24 juin, le point d'orgue étant le dévoilement d'une plaque, samedi, au col du Petit Saint-Bernard, en Haute-Tarentaise, à la frontière de la Savoie et du Val d'Aoste italien, en présence de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture.

Hervé Gaymard, vice-président UMP du conseil général de la Savoie et président de la Facim (Fondation pour l'action culturelle internationale en montagne), a en effet décidé, avec le soutien du ministère de la culture, de restaurer la mémoire du premier général noir de l'armée française, venu combattre les troupes piémontaises qui menaçaient une Savoie annexée depuis deux ans à la France révolutionnaire.

"C'est une honte, une infamie !" lit-on dans la publication Le Savoisien, sortie le 8 juin. C'est à ne pas savoir si Gaymard est devenu fou ou s'il a perdu toute dignité. Dumas commandait l'armée française des Alpes en 1794. Son armée fit régner la terreur avec arrestations, confiscations, déportations (...), elle combattait sauvagement l'armée régulière de Savoie qui, repliée sur les cols, tentait légitimement de chasser l'envahisseur français, mais nullement d'envahir la France. M. Gaymard doit renoncer à célébrer en Savoie le chef d'une armée d'occupation.

LA DYNASTIE DES ALEXANDRE : "Il n'est pas question de céder à l'intimidation, annonce d'emblée M. Gaymard, il s'agit d'honorer un grand homme." La figure du général Dumas (1762-1806) a bien failli être oubliée en cette année de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Fils de Marie-Césette Dumas, une esclave de Saint-Domingue (aujourd'hui République d'Haïti) et d'un riche planteur, le marquis Davy de La Pailleterie, il est envoyé en France par son père et s'engage dans les Dragons de la reine où sa prestance et sa taille herculéenne sont remarquées.
Après la Révolution, il prend vite du galon et combat brillamment, notamment en Italie, au Tyrol et en Egypte. Mais le général républicain se brouille avec Bonaparte, qui le prive d'un poste important.
Il achève sa vie, malade, à Villers-Cotterêts (Aisne), où il meurt, à 44 ans (après le rétablissement de l'esclavage par Napoléon) sans ressources, laissant un jeune enfant, lui aussi prénommé Alexandre, le futur père des Trois Mousquetaires.
Ce dernier engendrera à son tour un troisième Alexandre, l'auteur de La Dame aux camélias.
Après Villers-Cotterêts, qui lui consacre une exposition, c'est donc au tour de la Savoie de redécouvrir celui qui inspira nombre de personnages romanesques à son illustre fils.

Les débats organisés par la Facim en présence d'historiens et de spécialistes de Dumas, dont l'écrivain Claude Ribbe (auteur du livre polémique "Le Crime de Napoléon", éd. Privé), ne manqueront pas d'aborder cette période troublée de l'histoire savoyarde, plusieurs fois occupée par la France et deux fois annexée : entre 1792 et 1814, puis, définitivement, après un plébiscite, en 1860.

Sous l'oeil courroucé des "patriotes savoisiens". Nathalie Grynszpan

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Claude RIBBE en Savoie rend hommage au général DUMAS

En Savoie, hommage de la France au général Alexandre Dumas, ancien esclave
Samedi 24 juin 2006, la République française a rendu un hommage officiel au général Alexandre Dumas (1762-1806), ancien esclave et père du célèbre écrivain. Cet hommage a eu lieu en Savoie, à 2200 mètres d’altitude, au col du Petit Saint Bernard, à l’endroit même où, en 1794, le héros antillais, commandant en chef de l’armée des Alpes, à la tête de 45 000 hommes et 18 généraux, avait triomphé de l’armée royaliste piémontaise.

La commémoration a eu lieu à l’initiative de la FACIM (fondation d’action culturelle internationale en montagne) présidée par M. Hervé Gaymard, vice-président du Conseil général de Savoie, en présence de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de l’écrivain Claude Ribbe, président de l’association des amis du général Dumas, représentant par ailleurs le Collectif des Antillais, Réunionnais et Guyanais.

Dans son discours, quelque peu chahuté par quelques indépendantistes de la Ligue savoisienne, le ministre a réaffirmé avec beaucoup de fermeté l’attachement de la République française au refus de toute distinction de couleur et il a rendu hommage à celui qui a su dépasser sa condition d’ancien esclave pour devenir le premier général antillais de l’histoire de France. Rattachant explicitement l’hommage rendu au général Dumas à la commémoration de l’esclavage du 10 mai 2006, M. Donnedieu de Vabres n’a pas occulté le caractère criminel du rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802 et des lois raciales qui ont frappé le général Dumas.

Une plaque a été dévoilée en son souvenir. Cette première étape de la reconnaissance officielle d’un grand héros français est le résultat de quatre années de lutte de Claude Ribbe, biographe du général Dumas (Alexandre Dumas, le Dragon de la Reine, éditions du Rocher, 2002). En 2002, M. Christian Poncelet, président du Sénat, avait invité Claude Ribbe à prononcer une allocution sur le général Dumas lors des cérémonies de transfert au Panthéon des cendres de son fils.
Mais en 2005, le Haut comité des célébrations nationales, sous la pression de quelques historiens, avait refusé d’inscrire sur la liste des commémorations officielles le vainqueur du Petit-Saint-Bernard et du Mont-Cenis, malgré les protestations de Claude Ribbe et du Collectif DOM et malgré l’intervention de nombreuses personnalités dont le ministre de l’Outre-mer.

La reconnaissance officielle du ministre de la Culture et l’hommage rendu par les Chasseurs alpins à leur créateur met un terme à quelques mois d’ambiguïté qui avaient amené le sénateur de la Drôme, Bernard Piras, à interpeller M. Donnedieu de Vabres.
D’autres hommages au général Dumas auront lieu au cours de l’année 2006. M. Bertrand Delanoë, maire de Paris, doit faire connaître à la fin du mois de juin le nom du sculpteur désigné pour remplacer, place du général Catroux à Paris, la statue du général Dumas, abattue par l’occupant nazi.

Au moment où la France se prépare à accueillir officiellement M. René Préval, président de la République d’Haïti, l’association des amis du général Dumas, présidée par Claude Ribbe, exauçant un vœu de l’écrivain Alexandre Dumas, se propose pour sa part d’offrir aux Haïtiens une copie de la statue parisienne du général et des milliers de livres de l’auteur des Trois Mousquetaires.

www.claude-ribbe.com

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www.collectifdom.com

Hommage terni au Général DUMAS en Savoie

Samedi 24 juin, au Petit-Saint-Bernard (Savoie), M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture, a rendu, en présence de Claude Ribbe, qui représentait le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais (Collectifdom), et du 7e bataillon de Chasseurs alpins de Chambéry, un hommage éclatant légitime au général Dumas, général français de la Révolution, né esclave et originaire de l’Outre-mer.
Cet hommage résultait d’un long combat mené par Claude Ribbe soutenu par le Collectifdom.

Au cours de la cérémonie, des indépendantistes de la Ligue savoisienne ont cru utile de protester contre l’hommage rendu au général Dumas qui permit à la Savoie de rester française en 1794, mais en qui ils ne voient que le représentant de l’ « impérialisme français ».
Ils ont tenté de rendre inaudible le discours du ministre qui honorait le général antillais. Le ministre lui-même a été insulté, ainsi qu’un ancien résistant qui venait de recevoir la Légion d’honneur. La Marseillaise a été sifflée.

Le Collectifdom proteste vivement contre de telles exactions et de telles insultes faites tant aux symboles de la République qu’à l’Outre-mer. Quelles qu’en soient les raisons, ces manœuvres révoltantes pour empêcher de rendre hommage à un grand général Français doivent être condamnées avec la plus grande fermeté.

Patrick Karam

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Balade en Savoie