La Kungsleden ou Piste Royale suédoise
De Saltoluokta à Sitojaure
Samedi 23/04 Saltoluokta-Sitojaure (19 km)
"jaure" signifie "lac".
Etape pas très longue en perspective, on s'offre
une grasse matinée, avec départ 9 h 30 !
Dernière vue sur le lac de Salto et reprise de la Kungsleden le long des balises
rouges.
Succession de montées et descentes. Le ciel est toujours radieux. La température varie suivant présence ou absence de vent. La neige reste excellente. Quelques skidoo nous croisent : signes amicaux. La plupart transportent du matériel de pêche, avec la grande tarière de plus d'un mètre destinée à faire les trous dans la glace.
Un gros rocher nous abrite pour le pique-nique. Puis les gars font une variante le long de la rivière. On dérange un troupeau de rennes qui broute paisiblement : quoi ? Mystère... à moins qu'il ait creusé la neige jusqu'au sol pour trouver un peu de lichen... car aux alentours, tout est vaste et blanc !
Vers 15 h 30, la piste descend, facilement, et nous amène dans les bouleaux. Sur la droite, au bord du lac, le refuge de Sitojaure, avec d'abord, la maison de la gardienne : une jeune fille, très suédoise et très sympathique. "Installez-vous où vous voulez".
Chambres de 2 ou 4 lits. Dans la salle à manger qui donne sur le lac, tout est
"nickel". Comme dans les précédents refuges, on y trouve un sas d'entrée
avec conteneurs pour le tri sélectif et une pièce chauffée pour faire sécher
les affaires. Pas de boutique, en revanche, on le savait.
Quelqu'un du groupe a entendu des "oies"
du côté du lac. Bientôt un vol majestueux de cygnes blancs
vient parader au-dessus du refuge. C'est magnifique !
Le jour décline très lentement.
La gardienne passe nous voir pour encaisser les
nuitées.
Longue discussion sur son activité
quasi-bénévole... * (lire plus bas)
Au menu du soir : soupe, pâtes et gelée
à la framboise (on avait prévu à Salto d'emporter des produits
secs, pour ne pas trop se charger).
La gardienne nous rejoint pour boire le génépi** et poursuivre la conversation.
La météo annonce toujours un temps superbe (au désespoir de Guy qui aimerait
qu'on connaisse un jour de tempête !).
Arrivent en skidoo 4 autres personnes : des autochtones
de Riben. Ils allument un feu, près du lac, pour griller de la viande d'élan
qu'ils dégustent au soleil couchant, avant de rentrer dans le refuge.
Nous discutons un peu... La cohabitation d'un soir sera sympathique !
* A propos des gardiens de refuge en Laponie
:
Les candidats-gardiens (de tous âges) écrivent une lettre de motivation à l'association
S.T.F. (svenska turist foreningen). Les demandes sont nombreuses.
Les admis sont affectés à un refuge pour un mois ou plus. Un stock de nourriture
est à leur disposition. Ils ne bénéficient d'aucun autre moyen de déplacement
que leurs skis. Pas de téléphone portable (car pas d'électricité pour recharger
!) mais une liaison d'urgence avec les secours par radiotéléphone (panneau solaire
d'alimentation).
Leurs tâches consistent en
En contre-partie, ils reçoivent du S.T.F. une indemnité
"légère" (qui, au dire de notre gardienne-étudiante en sociologie,
ne couvre pas la location de son logement à l'université d'Upsala).
La motivation principale est de faire une expérience de vie différente, loin
de la société de consommation et au service de l'environnement. Beaucoup apprécient
de rencontrer des randonneurs de provenances variées.
C'est, pour certains, l'occasion de mieux connaître le peuple sami ou de se
donner un temps de vie plus "contemplative"...
** génépi : liqueur à base d'une plante alpine Artemisia genepi (ramassée en Haute Maurienne) et faite "maison" bien sûr !