La Kungsleden ou Piste Royale suédoise
Salka - Saltoluokta
Jeudi 21/04 Kaitumjaure- Saltoluokta
(28 km)
Etape redoutée ! Par sa longueur, par ses difficultés (Guy a parlé de 2 descentes,
dont celle de Vakkotavare qui peut être problématique) et par une contrainte
horaire : il faut arriver à l'arrêt du bus avant 16 heures !
Lever 4 h, départ 6 h, toutes corvées faites : stock d'eau propre renouvelé ; seaux d'eau sale vidés au " slask ", l'endroit dédié.
Bord du lac, puis remontée (peaux de phoque) entre les bouleaux jusqu'à une kota où l'on s'arrête : photos... et la montée reprend, suivie d'un replat et... d'une descente : neige assez dure, virages entre les arbres, derniers 50 m à ski ou à pied... pour arriver au lac de Teusajaure. On a fait 9 km, la 1ère descente s'est bien passée ! On savoure en cassant une petite croûte. Sur le lac, des pêcheurs et des skidoos... du soleil. C'est beau.
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Au fond, la descente de Teusajaure
La gardienne du refuge vient discuter : il faut compter 6 h jusqu'à Vakkotavare.
Il est 9 h. Pas de temps à perdre !
On traverse le lac le long du balisage, branches de bouleau fichées dans la
glace ; ça glisse bien, envie de patiner !
Sur l'autre rive, il faut remonter. Les balises deviennent anneaux de peinture
rouge sur les branches de bouleaux, puis branches plantées dans la neige ou
pierres marquées de rouge.
La pente est constante, les monts se succèdent, chacun en cachant un autre plus
haut ! A 13 h on est au sommet ! Le ciel s'est couvert, la neige tombe doucement.
C'est " jour blanc " pour les faux plats et petites descentes qui s'enchainent
ensuite.
14 h : on domine la fameuse descente de Vakkotavare
!
Les premiers virages se font dans les bouleaux, sur une neige un peu ramollie.
Très vite, ça devient du " ski bataille " : chacun y va de sa petite chute et
déchausse ou non. Rires et cri de guerre (Vakko, vakko-tavare) succèdent aux
conseils techniques exaspérants ( ! )...
On casse encore un peu de bois (de bouleau !) et c'est la fin de la neige :
arrivée sur le sentier d'été où poussent l'airelle, le raisin d'ours
et mille petites plantes qu'on n'a plus vues depuis le départ !
Remarque : les skis de randonnée nordique, plus costauds, semblent mieux adaptés que les skis de fond pour ce type de parcours !
14 h 45 : pause pique-nique dans l'euphorie générale. Guy est heureux : tout
s'est bien passé, on est à l'heure pour le bus.
Soupe en sachet à l'eau des thermos ou tartines de Wasa avec tube ont des saveurs
de banquet !
Derniers mètres à pied jusqu'au refuge de Vakkotavare, en bord de route. Reste
à attendre le bus pour Kebnats.
Auprès du gardien du refuge, des nouvelles pas très bonnes : impossible
de gagner Salto à ski. On ne pourrait le faire qu'en... hélicoptère !
16 h 07 : le bus est ponctuel. On charge et s'installe,
dans le confort des sièges, pour une demi-heure. Au long du parcours, un barrage-poids
surmonté d'une éolienne incongrue qui casse la perspective de la vallée...
A Kebnats, le bus nous dépose près d'une aire d'hélicoptère,
en effet. Voilà qui pimente l'odyssée de manière inattendue
!
4 par 4, on monte à bord. Un vol court et
à basse altitude nous porte sur la rive d'en face.
Explication : d'habitude, à la même époque, le refuge de
Saltoluotka s'atteint à ski en longeant sur 5 km le bord du lac.
Cette année, un imprévu énergétique a contraint
la société gestionnaire du barrage à larguer dans le lac
de l'eau liquide, provoquant une fonte prématurée. Ni les skidoo,
ni les bateaux ne peuvent assurer le transbordement des clients. L'hélicoptère
s'impose comme unique moyen.
Les clients paient le passage au prix habituel du skidoo ou du bateau (60 Sek).
La société du barrage verse à la compagnie d'hélicoptère
le surcoût occasionné.
On goûte ce moment avec intensité !
Nous sommes les derniers du convoi. Les jeunes
employées du refuge proposent d'emporter nos bagages sur le skidoo.
Cerise sur le gâteau : c'est sans sac que nous faisons à ski les
dernières centaines de mètres !